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AFRIQUE / 2026-04-05 19:01:54

Le Cameroun adopte une réforme constitutionnelle instaurant un poste de vice-président

Le Cameroun a franchi une étape majeure dans son évolution institutionnelle avec l’adoption d’une nouvelle disposition constitutionnelle permettant au président de la République de désigner un vice-président.

Une réforme adoptée à une large majorité

Réunis en congrès samedi 4 avril 2026, les députés et sénateurs ont approuvé le projet de loi porté par le parti au pouvoir. Le texte, déjà validé en commission, a été adopté à une écrasante majorité, marquant un tournant important dans l’organisation des institutions du pays.

Cette réforme introduit un changement notable dans l’architecture politique du Cameroun, qui fonctionnait depuis plusieurs décennies sans poste officiel de vice-président.

Une nouvelle architecture institutionnelle

Avec cette révision constitutionnelle, le système politique camerounais évolue vers une configuration incluant désormais un numéro deux de l’exécutif. Selon les dispositions adoptées, ce vice-président sera directement choisi par le chef de l’État.

Pour les partisans de la réforme, cette évolution pourrait renforcer la stabilité institutionnelle, notamment en cas de vacance du pouvoir.

Une opposition farouche

La réforme n’a toutefois pas fait l’unanimité. L’opposant Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a vivement critiqué cette révision constitutionnelle.

Lors d’une déclaration publique la veille du vote, il a qualifié cette initiative de « coup d’État constitutionnel ». Il a également annoncé le lancement prochain d’une pétition nationale visant à mobiliser l’opinion publique contre cette réforme.

Des inquiétudes autour de la succession

Du côté de l’opposition, certains analystes estiment que cette nouvelle disposition pourrait permettre au président Paul Biya, âgé de 93 ans, de désigner lui-même son successeur potentiel.

Cette interprétation alimente les débats sur les intentions réelles de la réforme, notamment dans un contexte politique marqué par la longévité du chef de l’État au pouvoir.

Entre stabilité et controverse

Si les autorités présentent cette réforme comme une avancée institutionnelle, elle suscite des interrogations quant à son impact sur l’équilibre démocratique du pays.

La mise en œuvre de cette nouvelle disposition et ses conséquences politiques seront étroitement suivies, tant au niveau national qu’international.

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