Le Président de la République a également consacré une partie importante de son discours à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Il a dénoncé l’agression attribuée au Rwanda et à ses alliés de l’AFC/M23, qualifiant cette situation d’« entreprise meurtrière fondée sur une logique de conquête et de prédation ».
Selon le Chef de l’État, ces violences portent atteinte à la souveraineté de la République démocratique du Congo, menacent son intégrité territoriale et privent les populations de leur droit fondamental à vivre en paix sur leurs terres.
Face aux risques de banalisation des crimes et au négationnisme, Félix Tshisekedi a plaidé pour une politique nationale de préservation de la mémoire.
« La mémoire ne saurait être un simple regard porté sur le passé. Elle est une exigence du présent et une responsabilité envers l’avenir », a-t-il affirmé, estimant que le devoir de mémoire constitue un moyen essentiel de prévenir le retour des atrocités.
Afin de pérenniser cette politique mémorielle, le Président a annoncé le passage à la phase opérationnelle du Musée national du GENOCOST.
Ce complexe scientifique ambitionne de devenir un centre de référence chargé de centraliser les archives, documenter les crimes commis et transmettre cette histoire aux générations futures à travers la recherche, l’éducation et la sensibilisation.
Sur le volet de la justice réparatrice, le Chef de l’État a instruit le gouvernement d’inscrire, dès le prochain exercice budgétaire, les financements nécessaires à la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’appropriation, destinée notamment à indemniser les survivants.
Le Président a rappelé que les réparations ne relèvent pas de la charité, mais d’un impératif de justice.
« Les réparations ne sont ni une faveur ni un acte de charité publique. Elles constituent une obligation de justice », a-t-il déclaré.
Le Chef de l’État a également annoncé une nouvelle orientation pour les missions diplomatiques et consulaires de la RDC, désormais appelées à promouvoir à l’international une diplomatie de la mémoire, de la vérité et de la justice.
Cette démarche vise à renforcer la reconnaissance internationale des souffrances vécues par les populations congolaises et à soutenir les efforts de lutte contre l’impunité.
En conclusion de son intervention, Félix Tshisekedi a rejeté toute hiérarchisation des tragédies humaines, appelant à une justice équitable pour toutes les victimes.
Selon lui, la justice ne peut être véritablement universelle que lorsqu’elle accorde à chaque victime la même dignité, le même droit à la vérité et le même accès à la justice, sans distinction.
Cette commémoration du GENOCOST réaffirme ainsi la volonté des autorités congolaises de faire de la mémoire un levier de réconciliation nationale, de justice pour les victimes et de prévention des violences futures.
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