Une nouvelle tension diplomatique émerge entre le Nigeria et l’Afrique du Sud, sur fond de violences à caractère xénophobe visant des migrants africains. Abuja a annoncé la mort de deux de ses ressortissants en garde à vue, suscitant une vive inquiétude au sein des autorités nigérianes.
L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion officielle à Abuja entre la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, et un représentant sud-africain.
Selon le porte-parole du ministère, plusieurs Nigérians ont exprimé leur volonté de quitter l’Afrique du Sud. Au moins 130 ressortissants ont déjà sollicité un retour au pays, principalement en raison de leur situation administrative irrégulière et du climat d’insécurité.
Les autorités nigérianes parlent d’un rapatriement volontaire, visant à protéger leurs citoyens face aux risques d’arrestation et aux tensions croissantes. Plusieurs dizaines de personnes se sont déjà enregistrées pour ce retour, et le nombre pourrait continuer à augmenter dans les prochains jours.
Le gouvernement nigérian a exprimé sa « profonde inquiétude », notamment après les décès signalés en détention, appelant à plus de garanties pour la sécurité de ses ressortissants.
De leur côté, les autorités de l’Afrique du Sud affirment qu’aucun Nigérian n’a été tué lors des récentes manifestations. Toutefois, le pays fait face à des tensions sociales persistantes, exacerbées par un taux de chômage élevé.
Dans ce contexte, les migrants sont régulièrement accusés de concurrencer les travailleurs locaux, ce qui alimente des épisodes de violences xénophobes. Le gouvernement sud-africain a condamné ces actes et promet de renforcer les mesures pour y faire face.
Sur le plan diplomatique, des échanges ont eu lieu entre Bianca Odumegwu-Ojukwu et son homologue sud-africain, Ronald Lamola. L’objectif est de trouver des solutions durables, notamment autour des questions de migration irrégulière et de sécurité des ressortissants étrangers.
Cependant, à Abuja, la colère reste palpable. Des voix de la société civile, comme celle du militant Sydney Usman Godwin, dénoncent une réaction jugée insuffisante du président sud-africain Cyril Ramaphosa face à ces violences.
Cette crise met en lumière les défis persistants liés à la migration en Afrique et aux tensions socio-économiques qui en découlent. Elle souligne également l’importance du dialogue entre États pour garantir la sécurité des ressortissants et préserver les relations diplomatiques.
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